Je ne lancerai pas un débat sur
la politique, les coupures, les revendications ou tout autre
sujet qui fait les gros titres des journaux et qui nous tient
bien à cœur.
Par contre, la désinstitutionalisation ainsi que la
volonté d’intégration des différences
en garderie font en sorte qu’il y a de plus en plus
d’enfants à besoins particuliers qui sont intégrés
dans nos centres de la petite enfance. Sommes-nous prêtes à les
recevoir, sommes-nous suffisamment formées, avons-nous
les outils et les ressources nécessaires pour répondre à tous
leurs besoins?
Mais qu’entend-t’on par enfants à besoins
particuliers ? La réponse à cette
question diffère de personne en personne, et surtout
de CPE en CPE. Est-ce qu’un enfant qui a un problème
de contrôle de vessie peut faire partie de cette catégorie
d’enfant. Un enfant amputé d’un membre,
ou souffrant d’un problème d’hyperactivité ?
Selon moi c’est oui! Le degré de besoin est
unique à chaque enfant. Alors y a-t-il un barème,
sur quoi se base-t-on pour déterminer si un enfant
peut être intégré dans
un CPE ? Chaque garderie a une mission et certaines font
de l’intégration de ces petits bouts de choux
une priorité. Celles-ci se donnent alors les outils
pour y arriver. Mais aussi du temps et de la bonne volonté.
Chaque enfant est unique… et oui on le sait.
Alors, les enfants à besoins particuliers peuvent
s’intégrer dans un groupe comme n’importe
quel enfant. Mais selon moi, il y a aussi des conditions
qu’on ne doit pas oublier. Rien ne doit brimer les
autres enfants du groupe ou l’éducatrice. Il
doit y avoir des moyens mis sur pied par la garderie pour
rendre le tout possible. La collaboration avec les parents
de l’enfant, la garderie et les ressources du milieu
comme les CLSC, les centres de réadaptation doivent être
solides. Il se doit d’y avoir un réel partenariat.
Par exemple, le CPE Les Pandamis à Le
Gardeur dans la région de Lanaudière, en a
fait sa mission première l’intégration
d’enfants à besoins particuliers. Ils ont mis
sur pieds des postes d’éducatrices de soutien
dont le rôle est d’apporter un soutien aux éducatrices.
Il y a aussi des éducatrices spécialisées.
Plusieurs enfants évoluent dans cette garderie où on
se donne les moyens pour y arriver. Chacun y met du sien
pour que cette mission soit un succès. C’est
une histoire de cœur et d’équipe.
Mais pourquoi intégrer ces enfants. Pour ce qu’ils
nous apportent et ce que l’on peut leur apporter. Il
est certain que ces enfants ont de la difficulté à se
trouver un milieu de garde.
Mais, pour en avoir fait l’expérience, c’est
fou tout ce qu’on peut retirer de bénéfique
de cette expérience. D’abord pour eux, ils cheminent énormément,
font de nouvelles acquisitions. Le fait qu’ils soient à la
garderie donne souvent beaucoup de répit à leurs
parents qui sont souvent abandonnés par le système.
Pour les autres enfants du groupe, ils apprennent le respect
des différences et l’entraide. Pour nous, c’est
vraiment une façon de nous dépasser ; trouver
des variantes pour une activité, de nouvelles façons
de stimuler les enfants, des moyens pour les faire avancer
jour après jour.
Il serait faux de dire que c’est facile à tous
les jours. Je ne serais pas intègre avec moi-même
si je vous disais que je n’ai pas ressenti certaine
crainte au début. Ma formation ne m’avait pas
préparé à ça. L’inconnu
me terrorisait. J’y suis allé une journée à la
fois, j’ai appris à connaître cet enfant
qui était là pour me faire grandir.
Cela demande beaucoup de flexibilité, d’ouverture,
d’imagination et de calme. Mais ce qu’ils nous
donnent en échange est incroyable. La première
fois que l’enfant réalise un nouvel apprentissage
; un nouveau son, un nouveau mouvement, un simple sourire,
des frissons nous traversent le corps. Il est difficile de
savoir comment chaque nouveauté est,
une victoire en soit. Cela nous donne la force de continuer
et nous convainc que la nouvelle mission que nous nous sommes
donnée était la bonne.
Bonne semaine !