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Les dessins au service de la discipline

Faire dessiner pour discipliner... y avez-vous déjà pensé?

 

Des solutions créatives et éducatives pour meubler les « temps de réflexion »

Bien que les stratégies de discipline changent selon les générations, la nécessité de prendre des mesures pour mettre fin à des comportements indésirables demeure une responsabilité du parent qui élève son enfant. Parmi les méthodes de discipline plus conventionnelles, la punition est un moyen de réprimande communément utilisé face à l’erreur. La discipline positive est une philosophie de l’éducation parentale qui vise la proposition de solutions à long terme et le développement de l’autodiscipline chez l’enfant. D’après cette idéologie, la « punition » serait une solution à court terme qui interrompt un comportement, mais qui enseigne peu les aptitudes désirables. En discipline positive, l’identification de la fonction du comportement, la recherche de solutions et la responsabilisation de l’enfant sont encouragées par le parent. Ainsi, la discipline positive suggère plutôt des gestes ou des paroles de réparation qui offrent une opportunité d’apprendre en faisant des liens entre le comportement et la conséquence. Une période de réflexion est un moyen d’éloigner l’enfant d’une situation intolérable. De prime abord, elle vise à permettre à l’enfant de retrouver son calme et à réorienter son attention. Elle ne devrait pas, en principe, augmenter sa frustration jusqu’à parfois en oublier la raison pour laquelle on lui a imposé le temps de réflexion, ni générer d’hostilité envers le parent. Ayant moi-même tenté d’appliquer la période de réflexion, j’ai rapidement souhaité structurer ce moment qui semblait davantage vécu comme une punition, qui résultait trop souvent en conflit entre moi et mes enfants et prévenait peu la récurrence des comportements négatifs. De ce constat, j’ai souhaité trouver une façon de combiner la réflexion et la réparation. Les dessins au service de la discipline-1

 

L’utilisation du dessin en discipline selon l’âge

Avec ma fille de 10 ans, j’ai fait l’essai de lui demander de réfléchir à ses actions en dessinant le comportement non souhaité et son but d’un côté et de proposer une alternative plus positive dans un espace parallèle correspondant à une meilleure stratégie pour répondre à son besoin. Une fois l’exercice terminé, elle doit présenter son dessin à la personne ou à l’environnement concernés par le geste commis. Je trouve le processus bénéfique pour lui permettre de s’approprier la situation et d’anticiper de meilleures solutions pour le futur. Par ailleurs, il est utile à l’apprentissage de l’autorégulation. En effet, la durée de sa période de réflexion varie en fonction du temps qu’elle prend pour réaliser l’activité. Avant de pouvoir débuter son dessin, elle doit réussir à se calmer suffisamment. En dehors des temps de retrait, j’en profite pour lui proposer diverses stratégies de régulation telles que taper sur son oreiller, déchirer des feuilles de papier, lire, respirer profondément, se blottir dans sa cachette secrète (article déjà publié), etc. Pour l’instant, le tout fonctionne bien. Ma fille a même éventuellement réalisé elle-même que le dessin en soi contribuait à la rendre plus calme.

 

Devant mon fils de 6 ans et ses capacités de dessin plus limitées, j’étais plus dépourvue quant à la façon de lui faire meubler son temps de réflexion afin que l’expérience ne soit pas seulement punitive, mais bien éducative pour lui aussi. En repensant aux conséquences de mon enfance, j’ai revécu pendant quelques instants les longues copies de phrases qu’on proposait souvent aux enfants « dans mon temps ». Comme mon fils n’est pas encore à l’aise avec l’écriture non plus, j’ai eu l’idée de lui demander de copier un dessin simple. C’est avec grande surprise que j’ai constaté l’efficacité de la technique avec lui.

 

La copie dessin... comment ça fonctionne?Les dessins au service de la discipline-2

La copie consiste à demander à l’enfant de copier un nombre prédéterminé de dessins reliés au comportement négatif. Par exemple, il peut devoir dessiner 30 coeurs tristes pour avoir dit des paroles qui ont fait de la peine à sa soeur. Les dessins se font dans un cadre structuré par des espaces prédessinés pour l’enfant sur une feuille brouillon. Pour terminer la copie, il doit avoir fait un dessin dans chaque espace disponible. Je dessine toujours le premier dessin qui servira de modèle. Le type de dessin et le nombre de répétitions sont choisis en fonction de l’âge et des capacités de l’enfant. Pour ma propre expérience, j’augmente le nombre au fur et à mesure que la même offense se répète. La conséquence peut également se conclure par une présentation du dessin à la personne ou à l’environnement concernés par la punition si cela est pertinent.

 

Variante créative... choisir le dessin

Pour les enfants capables de représentation, il est possible d’impliquer l’enfant dans le choix du dessin à copier. Par exemple, on peut demander à l’enfant ce qui pourrait être dessiné pour représenter qu’il n’est pas permis de briser les choses de sa soeur. Il pourrait choisir, entre autres, de dessiner le ballon avec lequel il a brisé son bibelot. Lorsque j’utilise cette variante, je produis quand même un dessin modèle simple adapté à ses capacités de dessin. L’objectif n’est pas de lui donner un défi sur le plan graphique qui pourrait le décourager; le dessin est l’outil et non l’objectif.

 

Variante interactive... le dessin coopératif

Le dessin coopératif est une autre variante intéressante que j’ai découverte et que j’utilise lorsque la conséquence est reliée à un conflit entre mes deux enfants. Il s’agit donc pour eux de réaliser une seule copie où chacun est responsable pour un certain nombre d’éléments du dessin. Par exemple, ils ont dernièrement dû dessiner des bonshommes; les visages ont été réalisés par mon fils et les corps par ma fille. À la fin ils doivent s’excuser et disposer ensemble du dessin comme ils le souhaitent. Après deux épisodes de dessin coopératif, j’ai surpris ma fille  à dire ceci à mon fils : « Arrête de me provoquer, sinon je vais être obligée de te faire quelque chose et maman va nous forcer à dessiner ensemble et ça ne me le tente pas. »Cela m’a confirmé que la méthode est positive.

 

Précaution

Selon mon expérience, ce type de stratégie est positif et efficace. Cependant, je ne recommanderais pas de l’utiliser avec un enfant qui n’a pas encore développé un minimum d’intérêt et d’aisance avec le dessin ou qui a des difficultés de motricité fine importantes afin de ne pas créer une association entre le dessin et les sentiments négatifs.

 

Autres considérations

Comme pour tout mode de discipline, il est souhaitable d’établir des règles claires et de discuter des conséquences associées au non-respect des règles à l’avance lors de réunions familiales. Il est possible de pratiquer les comportements souhaitables et visualiser l’application des conséquences dans le cadre de jeux de rôle ou à l’aide de figurines. Ainsi, on s’assure que les règles sont bien comprises pour l’utilisation du temps de réflexion. À retenir : il est toujours mieux de limiter le nombre de règles à celles qui sont essentielles selon les valeurs familiales et d’assurer la constance de l’application des conséquences prévues pour un même comportement. En ce sens, il m’arrive de différer la période de réflexion et la « réparation dessin » à un moment ultérieur si l’endroit et/ou le moment où le comportement se produit n’est pas propice à l’application de la conséquence. 

 

Bonne expérimentation!

 

Josiane Caron Santha, ergothérapeute

 

Références

Nelson, J.(2006), Positive Discipline. Ballantine Books.

Sabaté, B. (2012) Adaptation de La Discipline Positive de Jane Nelson. Éditions du Toucan.

Durrant, J. E (2011) La discipline positive: de quoi s’agit-il et comment s’y prendre. Save the Children. Suède.


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Auteur

Josiane Caron SanthaJosiane Caron Santha

Diplômée d'une maîtrise en ergothérapie et ergothérapeute depuis 1998, Josiane Caron Santha est propriétaire d'Ergothérapie Les Mille-Pattes, une clinique pour enfants renommée pour ses services en ergothérapie et en autisme. Josiane compte également diverses expériences à titre d'auteure et de formatrice. Elle a récemment publié 'L'apprentissage du découpage chez l'enfant'.



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