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Collaboration difficile pour un enfant de 2 ans et demi

Bonjour Maude,

 

Cela fait plusieurs mois que je me dis que je devrais vous écrire.

 

J’ai un service de garde à la maison depuis 2 ans et demi. J’ai un petit garçon qui est présent depuis bientôt 2 ans, mais c’est de plus en plus difficile. En fait, la situation n’est pas juste difficile avec lui, mais bien avec la famille au grand complet.

 

Sa sœur fréquente maintenant elle aussi le service de garde et elle pleure beaucoup, repousse tous les repas ou presque, pleure, a mal aux dents, veut voir sa maman...

 

La mère me reproche d’inscrire peu de positif dans l’agenda (j’en inscris et le surligne à l’aide d’un crayon fluorescent), mais en réalité, son petit coco a un comportement impulsif et agressif. Parfois, il a de bonnes intentions ou veut rire.

 

Souvent, il mord, il pousse, il tape, il détruit les constructions des autres enfants, brise leurs bricolages, court, fonce dans les murs, tombe, pleure, tape sur la table et crie pendant les repas... Il rit en faisant presque tout ceci. Ces nombreux gestes peuvent tous être présents en moins de 30 minutes. Le temps que je m’occupe d’un enfant qu’il a fait pleurer, il fait autre chose.

 

Je mets en place des interventions, mais à la maison, je sais que ses parents ne font rien. Je me dis donc que ce n’est pas aux parents de faire comme moi, mais à moi de faire comme eux.

 

Selon les parents, tout va bien. C’est un enfant, c’est normal, ça va passer... Il aura 3 ans dans environ un mois.

 

J’essaie de parler aux parents, mais ils ne m’écoutent pas. En fin de journée, les enfants pleurent et veulent partir, car ils se sont ennuyés de leurs parents.

 

Je suis consciente qu’une journée au service de garde est plus exigeante qu’une journée à la maison, car il y a plus de règles.

 

Malgré tout, je ne veux pas abandonner les enfants. J’ai besoin d’idées (tableau de renforcement, coin calme, scénarios sociaux, etc.).

 

L’enfant rit et est heureux. Il ne démontre aucun intérêt pour le petit pot (sauf pour les Smarties) et son intérêt pour la communication est lui aussi faible.

 

Je suis éducatrice spécialisée, mais j’ai l’impression que j’ai fait le tour (ou je n’ai juste plus l’énergie nécessaire). Les parents et moi travaillons dans des sens opposés et c’est difficile.

 

Alors, je vous demande des conseils svp.

 

Merci!


Bonjour à vous,

 

D'abord, merci d'avoir pris le temps de m'écrire. Il y a dans votre témoignage plusieurs éléments importants. Je tenterai du mieux que je peux de vous donner des pistes de solutions qui pourront vous aider et qui aideront probablement d’autres éducatrices qui, comme vous, vivent une situation difficile avec un enfant.

 

Dans un monde idéal, les règles et le fonctionnement seraient pareils à la maison et à la garderie. On retrouverait les mêmes règles, les mêmes interventions, les mêmes routines, etc. dans les deux milieux. Dans la réalité, très souvent, c'est complètement différent; chaque milieu de vie de l'enfant a sa façon de fonctionner et d'intervenir et même un menu qui diffère. Cela dit, vous ne pouvez gérer ce qui se passe à la maison, comme les parents ne peuvent gérer votre service de garde. Agir là où vous avez du pouvoir, voilà ce que je recommande fortement. Dans votre milieu, vous avez la possibilité d'offrir un cadre sécurisant avec les règles de vie qui sont importantes pour vous. Bien sûr, l'idéal serait que tous travaillent sur les mêmes règles, mais ici, c'est impossible. De votre côté, quels sont donc les points importants à mettre en place? Voici quelques pistes à envisager :

  • Catégoriser les comportements. Il est important que vous établissiez votre cadre disciplinaire, c’est-à-dire ce que vous acceptez et ce que vous n'acceptez pas. Faites une liste de tous les comportements rencontrés. Établissez comment vous interviendrez pour chaque comportement. Le retrait devrait être réservé aux comportements violents. La méthode 1-2-3 et la conséquence logique doivent être privilégiées pour les autres comportements. Pour certains comportements, l'ignorance intentionnelle sera aussi à envisager. 

  • Miser sur les comportements positifs. Le renforcement positif est très important quand on souhaite modifier un comportement. En réponse à une bonne action ou lorsque l’enfant adopte un bon comportement ou fait un bon coup, le renforcer positivement. Le renforcement positif est tout simplement magique. Il permet de modifier les comportements en enseignant indirectement à l’enfant ce que vous attendez de lui.

  • Au besoin, préparer un plan d'intervention. Vous connaissez cet outil? En fait, il s'agit de mettre sur papier les objectifs à atteindre avec l'enfant et surtout, les moyens que vous mettrez en place pour y arriver. Informer les parents de votre façon de fonctionner. Certes, le plan d'intervention demande un peu de temps de rétrospection et nécessite de l’observation, mais il vous servira de guide pour les prochaines interventions.

  • Miser sur la constance de vos interventions. Pour modifier un comportement, la constance de vos interventions est primordiale. Intervenir toujours de la même façon pour le même comportement. C'est ainsi que l'enfant pourra connaitre votre cadre, vos interventions, vos limites. Le fait de savoir à quoi il peut s’attendre sera sécurisant pour lui.

  • Utiliser des pictogrammes, des images qui représentent vos règles de vie. Les enfants ont souvent besoin de repères visuels pour bien assimiler le tout. Certains en ont bien sûr plus besoin que d'autres. Restreindre le nombre de règles, les illustrer et les consulter régulièrement.

  • Continuer de prendre des notes. À la lueur de ce que je lis, il pourrait y avoir des inquiétudes face au développement de l'enfant. Discuter avec les parents de vos inquiétudes et voir leur niveau d’ouverture.

Pour terminer, je vous conseille de vous tourner vers votre bureau coordonnateur ou votre conseillère pédagogique. Ces derniers pourront vous donner quelques pistes de solutions et vous être d'une très grande aide. Ils pourront aller observer l'enfant au besoin et vous donner des idées concrètes par la suite.

 

Voilà, j'ai essayé d'être la plus claire possible. Comme mentionné, agissez là où vous avez du pouvoir. Communiquez avec les parents afin de les informer au sujet de votre façon de fonctionner sans espérer une réelle reproduction de vos méthodes à la maison.

 

Bonne chance!

 

Maude Dubé, éducatrice spécialisée


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