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L'attachement chez les enfants autistes

On a longtemps pensé que les enfants autistes ne s’attachaient pas aux gens. Pourquoi? Parce que ces enfants présentent des divergences, principalement aux plans social, langagier et comportemental, mais aussi parce qu’ils ont une sensibilité altérée au toucher et aux odeurs. Ainsi, ils ne comprennent pas nécessairement l’utilité de regarder les gens dans les yeux; ils n’y voient pas grand-chose, à part deux points noirs (les pupilles) et deux iris de couleurs variées. Aussi, ils perçoivent énormément de détails dans le visage humain : une irruption cutanée, un grain de beauté, une fossette, tous les poils qui forment les sourcils et les cils, les rides, sans compter les gerçures des lèvres et les petits changements du visage engendrés par des expressions faciales. Il y a donc, pour eux, beaucoup d’éléments à observer, à décoder et à saisir!

 

De plus, pour certains enfants autistes qui présentent une hypersensibilité sensorielle, les contacts physiques sont aversifs. Leur hypersensibilité fait en sorte qu’ils ressentent tout plus intensément que les autres enfants. Un simple effleurement peut, par exemple, être perçu comme un pincement. Alors, vous imaginez bien comment une main qui se pose fermement sur la leur ou encore des bras qui les serrent contre un corps peuvent être perçus!

 

Ces perceptions qu’ont les enfants autistes de ces comportements dits d’attachement ont longtemps amené les gens à croire qu’ils n’adoptaient pas ce type de comportements simplement parce qu’ils ne s’attachaient pas. Les gens pensaient que les préférences qu’ils développaient pour certaines personnes de leur entourage, notamment leurs parents, les membres de leur fratrie, leur éducatrice et leur enseignante n’étaient qu’utilitaires, ces personnes leur permettant de se nourrir, de dormir, de se laver et de se déplacer. Ainsi, ils les préféraient simplement parce qu’ils répondaient à leurs besoins.

 

Il y a quelques années, les chercheurs dans le domaine de l’autisme se sont rendu compte que c’était absolument faux! Les enfants autistes s’attachent au même titre que les enfants qui ne le sont pas et ce, dans une proportion à peu près égale, c’est-à-dire environ 65 % des enfants. Ils se sentent plus en sécurité auprès des gens à qui ils sont attachés, tout come les enfants typiques. Lorsqu’ils se sentent en confiance avec une personne, ils sont capables d’explorer davantage, puisqu’ils ont la certitude qu’elle saura les protéger en cas de danger, réel ou perçu. Les enfants autistes tendent, tout comme les enfants non autistes, à retourner vers cette personne lorsqu’ils ont peur, afin de se faire rassurer, réconforter. Ils peuvent eux aussi réagir au départ de cette personne et démontrer de la joie à son retour. Seulement, il se peut que la joie démontrée consiste en un regard de biais, de loin, comme il se peut que l’enfant aille accueillir cette personne. Tout cela correspond à la définition des comportements d’attachement, tels qu’observés chez les enfants attachés de manière sécurisante. Les enfants qui présentent ce type d’attachement seront davantage en mesure de recréer cette sécurité avec d’autres personnes. À la base, ils développeront cela avec leurs parents puis, éventuellement, avec leurs frères et sœurs, leur éducatrice, leur enseignante et leurs amis.

 

Évidemment, le fait de répondre aux besoins de base, qui incluent le besoin de sécurité physique (avoir un toit sur la tête, dormir un nombre d’heures adéquat, manger à sa faim, boire suffisamment) et le besoin d’appartenance (aimer et se faire aimer), est considéré comme étant la sensibilité parentale, un facteur principal et nécessaire dans le développement d’un lien d’attachement sécurisant. Éventuellement, la sécurité de l’attachement contribuera aussi à renforcer la capacité à être sensible aux besoins de son enfant, en identifiant correctement les besoins exprimés, en y répondant rapidement et adéquatement. On parle alors de synchronie; imaginez une danse à deux où l’un avance son pied alors que l’autre le recule, avant de tourner ensemble en harmonie.

 

Les signaux que les enfants autistes émettent lorsqu’ils ressentent un inconfort et ainsi, qu’ils présentent un besoin, peuvent être émis très intensément ou, au contraire, être à peine percevables étant donné qu’ils sont plus ou moins sensibles et conscients de ce qui se passe à l’intérieur de leur corps. Parce qu’ils réagissent trop ou trop peu à la douleur et parce qu’ils ne perçoivent pas les changements qui s’opèrent au niveau de l’abdomen lorsqu’ils doivent aller aux toilettes ou encore manger, il devient donc plus ardu pour les adultes d’identifier les besoins de leur enfant et ainsi, d’y répondre avec exactitude et rapidité. Cependant, la grande majorité des parents arrivent à bien saisir leur enfant, à comprendre les subtilités de l’expression de ses besoins et donc, à être sensibles et à permettre le développement d’un lien sécurisant entre eux.

 

Mais comment fait-on pour favoriser ce type de lien?

Soyez à l’affut des signaux d’inconfort et de détresse de votre enfant. Vous arriverez de plus en plus à les reconnaitre, malgré qu’ils soient peut-être différents de ceux d’un enfant typique. Tentez de répondre rapidement aux besoins de votre enfant afin qu’il associe la manifestation d’un besoin avec la réponse à ce besoin. Il augmentera donc son sentiment de contrôle sur son environnement, nécessaire au sentiment de confiance en l’adulte et donc, la sécurité de l’attachement. Autrement, ce lien se développe beaucoup par le jeu. Voici quelques astuces pour favoriser un lien parent-enfant sécurisant dans ce contexte :

  • Utilisez les intérêts de votre enfant pour choisir un jeu. Après tout, c’est pour lui que vous jouez, pour lui faire plaisir! En misant sur ses intérêts, les apprentissages se feront beaucoup plus aisément; vous n’aurez pas à mettre toutes vos énergies pour l’intéresser à l’activité. Vous pourrez donc vous concentrer sur le plaisir que vous en retirerez.
  • Placez-vous à la hauteur de votre enfant, quitte à vous positionner sur le ventre; vous verrez bien son visage et ses expressions faciales et pourrez décoder plus aisément ses émotions ainsi que ses intentions.
  • Parlez lentement et utilisez de courtes phrases afin de vous assurer de la compréhension de votre enfant. Nommez ce que vous faites, ce que vous observez dans le jeu. Cela aidera votre enfant à intégrer le vocabulaire (une pierre, deux coups, quoi!).
  • Félicitez votre enfant. Encouragez-le lorsqu’il adopte un comportement que vous appréciez.
  • Laissez à votre enfant le temps de répondre à votre demande ou à votre commentaire, même s’il est non verbal. Vous observerez sans doute le déplacement d’une main, un sourire, un regard ou un changement dans la forme de sa bouche qui vous indiquera qu’il est en train de communiquer avec vous!
  • Imitez votre enfant. Plusieurs enfants autistes aiment se regarder dans le miroir, faire des mouvements et des expressions faciales. Faites comme lui, en vous plaçant à ses côtés devant le miroir. La communication ne passe pas que par le langage! Vous renforcez votre lien.

Jouez! Vous êtes en train de développer et consolider votre relation avec votre enfant!


Stéphanie Deslauriers

Psychoéducatrice


*Educatout.com n'est aucunement responsable du contenu de cet article. Toutes les informations mentionnées sont la responsabilité de son auteur et educatout.com se dégage de toute responsabilité ou de tout litige découlant de l'affichage dudit article.

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Auteur

Stéphanie DeslauriersStéphanie Deslauriers

 

Psychoéducatrice, Stéphanie Deslauriers a créé le blogue à succès Ensemble, maintenant en septembre 2010.

Elle collabore régulièrement à divers médias, soit la presse, le Web, la télévision et la radio afin d’aborder des sujets en lien avec sa profession. Elle est collaboratrice à l’émission Format Familial depuis la première saison. Elle a remporté le Grand Prix de littérature adulte de la Montérégie pour son premier roman, L'Éphémère, paru en 2014, et a été nominée à deux reprises pour ses ouvrages pédagogiques.

Elle est fascinée par l’être humain et passionnée de la communication sous toutes ses formes. Elle tente de transmettre ceci à ses étudiants de l’Université de Montréal ainsi qu’aux participants qui assistent à ses formations et conférences.




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