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Fonction maternelle ou paternelle pour l’autonomie?

Avez-vous déjà remarqué l’inquiétude d’une mère suppliant de cesser le jeu fait entre l’enfant et le père alors que ce dernier le lance dans les airs ou lui fait faire des cabrioles, des pirouettes, des bonds?

 

Il vous est peut-être arrivé aussi de voir des parents en désaccord sur l’achat d’un jouet pour l’enfant, la mère trouvant le jouet choisi par le père trop vieux pour l’enfant et le père trouvant le choix du jouet de la mère trop « bébé » pour l’enfant. Pourquoi est-ce ainsi?

 

Fondamentalement, dans les premiers mois de vie de l’enfant, c’est la « fonction maternelle » qui est nécessaire à l’enfant, la fusion pour deviner les besoins de l’enfant à partir du ressenti et les combler : l’amour, l’affection, la chaleur, la nourriture. Ici, je parle de « fonction », c’est-à-dire que les qualités de cette fonction peuvent aussi être très présentes chez un père, même si elles se retrouvent surtout chez les mères. Par la suite, la « fonction paternelle » vient aider l’enfant à se « décoller » de la mère, à rechercher une certaine autonomie et une indépendance.

 

La fonction paternelle a comme qualité d’apprendre à l’enfant à patienter pour satisfaire ses besoins et désirs, à découvrir le monde extérieur et à apprendre les limites et les règles qu’impose la vie en société ainsi qu'à fouiller, grimper ou sauter en toute sécurité. Plusieurs parents, autant les mères que les pères, utilisent la fonction maternelle, bien au-delà de ce qui est nécessaire à l’enfant, et l’empêchent ainsi d’exploiter son plein potentiel, brimant ainsi son autonomie. Ils ont de bonnes raisons d’agir ainsi. 

 

En voici quelques-unes :

  • Parents inquiets parce que l’enfant a été souvent malade ou est atteint d’une maladie;
  • Enfant désiré pendant longtemps et « tant attendu »;
  • Difficulté pour les parents de voir grandir leur enfant et de se séparer, petit à petit;
  • Parents au tempérament anxieux;
  • Difficulté à faire confiance aux capacités de leur enfant et peut-être aussi, de façon générale, à faire confiance à la vie;
  • Manque de temps ou trop de préoccupations liées au travail, c’est donc plus rapide de faire les choses à la place de l’enfant;
  • Autres.

Il existe plusieurs raisons à ces agissements, mais l’important est que les parents découvrent leurs propres raisons afin de prendre la distance nécessaire pour ensuite « faire quelque chose avec leur attitude ». Ainsi, ces parents devront apprendre à se « déparentaliser » et à trouver la juste attitude, ni trop dans la fonction maternelle, ni trop dans la fonction paternelle, pour aider leur enfant à grandir et s’autonomiser. Il leur faudra d’abord et avant tout faire confiance à leur enfant et être à son écoute, ce qui veut dire être capable de favoriser l’évolution de l’enfant en assumant sa protection sans le surprotéger.

 

L’enfant qui se sent sécurisé sans être surprotégé tend à être plus indépendant, à réagir mieux à la séparation et démontrer une plus grande estime de soi lorsqu’il entre à l’école.

 

Vrai ou faux?

  1. Il est important de répondre aux besoins de base de l’enfant avant qu’il ne les exprime.
  2. Surprotéger l’enfant, c’est lui tenir la main pour traverser la rue lorsqu’il a 3 ans.
  3. Pour stimuler l’autonomie de l’enfant, le parent peut lui demander d’essayer par lui-même avant de l’aider.
  4. Il est aidant pour l’enfant que le parent l’incite à essayer de nouvelles choses (comme du vélo à trois roues), qu’il souligne ses efforts, l’aide à se relever s’il tombe et l’encourage à poursuivre.
  5. Pour les enfants de 18 mois, il est plus sécuritaire de barrer toutes les portes d’armoires pour éviter qu’il fouille.
  6. Pour un enfant de deux ans, il est préférable de lui interdire l’accès aux escaliers suite à une chute.
  7. C’est surprotéger son enfant de 5 ans que de lui exiger d’avertir s’il va jouer dehors ou lors d’un départ de la garderie.
  8. C’est trop de demander à un enfant de faire des tâches, peu importe son âge (exemple : mettre son napperon, ranger ses jouets, placer un ingrédient dans une recette, accrocher son manteau, ramasser un petit dégât…)

Laissez-vous guider par l’enfant, lui seul pourra vous dire ce qu’il a besoin et jusqu’où il peut aller. Écoutez-le vous dire « Moi tout seul, bon! », observez et évaluez ce qu’il pourra faire seul et ce qu’il pourra « faire ensemble, d’accord! ».

 

Réponses :

  1. Faux. Plus l’enfant grandit, plus il a besoin de s’exprimer et d’avoir un certain délai dans la réponse de l’adulte à son besoin, ce qui le poussera à vouloir grandir. Même les bébés ont des pleurs différents qui expriment ce dont ils ont besoin.
  2. Faux. À trois ans, la notion de danger n’est pas encore installée et l’enfant est encore beaucoup dans son jeu, ce qui peut l’amener à oublier les consignes sécuritaires pour lui.
  3. Vrai. Ça donne en même temps une idée où se situent les capacités de l’enfant. Il ne faut pas forcer, mais plutôt accompagner.
  4. Vrai.
  5. Faux. L’enfant de cet âge a besoin d’explorer, d’assouvir sa soif de découvrir le monde. Il faut donc lui permettre un endroit ou une armoire sécuritaire où il pourra faire « comme papa, maman ».
  6. Faux. Il est préférable de lui apprendre à monter et descendre correctement ou de l’amener dans des endroits (escaliers mous) où il pourra se pratiquer et améliorer ses capacités motrices.
  7. Faux. Les parents ou adultes ont la responsabilité de savoir où est l’enfant, avec qui et ce qu’il fait, et ce, pour sa sécurité.
  8. Faux. C’est très valorisant et cela augmente l’estime de soi de l’enfant, pourvu que la tâche n’exige pas la perfection, mais plutôt le plaisir et l’autonomie de l’enfant.

Nathalie Parent
Psychologue


*Educatout.com n'est aucunement responsable du contenu de cet article. Toutes les informations mentionnées sont la responsabilité de son auteur et educatout.com se dégage de toute responsabilité ou de tout litige découlant de l'affichage dudit article.

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Auteur

Nathalie ParentNathalie Parent

Nathalie Parent est psychologue et auteure de plusieurs livres traitant l’enfance et la famille. Elle pratique la psychothérapie auprès des enfants (avec la thérapie par le jeu), des adolescents, des adultes, des couples et des familles. Elle intègre plusieurs approches afin de répondre adéquatement aux besoins de chacun. Chargée de cours à l’Université Laval, elle a agi à titre d’éducatrice ainsi qu’enseigné à des étudiantes en Techniques d’éducation à l’enfance. Elle a aussi supervisé ces dernières dans différents milieux de garde. Elle se consacre maintenant à sa pratique de psychologue, à l’écriture, à la création d’outils pédagogiques et au partage de ses apprentissages à travers des conférences, formations et supervisions dans différents milieux de travail dont les milieux de garde et les écoles.




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