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Et si son comportement était lié à une perte, à un deuil?

Matéo ne trouve pas sa mitaine. La panique s’installe en lui et c’est la crise qui se pointe. Layla, quant à elle, n’en finit plus des accolades avant que sa mère la quitte et ça, c’est quand elle ne s’accroche pas littéralement à elle. Ces deux enfants ont un point en commun : ils viennent de vivre une perte réelle, ils vivent un deuil. Avoir de la difficulté à s’endormir, pleurnicher pour un oui ou un non, l'hyperactivité, s’opposer, faire des cauchemars, manquer d’appétit, avoir peur de rester seul ou dans le noir, les maux de ventre, n’avoir le gout de rien… tout cela peut aussi exprimer de la peine liée à un deuil.

 

Comprendre

Les adultes ont tendance à oublier qu’un enfant peut être très affecté par la perte d’une personne chère, parce qu’ils sont eux-mêmes préoccupés par la gestion de leurs propres émotions liées à l’évènement. Il se peut aussi que les adultes ignorent la peine d’un enfant parce qu’ils se sentent impuissants face à la situation et ne savent pas comment agir. Dans d’autres situations, telles que la mort d’un animal de compagnie, les adultes entourant un enfant peuvent banaliser la perte (« C’est juste un poisson, on en aura un autre. »), en minimiser les effets (« Ce n’est pas grave, elle n’y pensera plus dans deux jours. »), voire nier totalement les émotions. Pourtant, la peine ou le questionnement que la mort éveille chez l’enfant sont bel et bien présents et préoccupants pour lui. Si l’enfant ne peut l’exprimer en mots, cela sortira en maux ou en comportements.

 

Ce n’est pas tant la façon dont s’est produite la mort (ou la séparation) ni la durée de la relation qui détermine le niveau de souffrance, mais bien le temps, les émotions et les pensées que l’enfant a investis face à la personne (ou l’animal). La relation peut se terminer à la suite du décès, bien sûr, mais également de façon plus subtile, telle que conséquemment à un déménagement (perte d’amis, d’école, de voisins), une séparation (toutes les relations familiales ou de la famille recomposée), un rejet, un conflit dans la famille élargie, etc.

 

Comment aider un enfant

Vivre un deuil demande du temps et nécessite un espace pour en parler. Cela peut être comparable à un casse-tête où plusieurs morceaux éparpillés doivent être mis au bon endroit pour y donner un sens. Voici quelques suggestions pour favoriser le processus de deuil.

 

  • Tentez de nommer les émotions, celles de l’enfant et celles que l’adulte peut ressentir également : tristesse, colère, impuissance, injustice, etc.
  • Soyez à l’écoute de son jeu, car l’enfant exprimera ce qu’il vit à travers celui-ci, par exemple quand il parle à sa poupée ou encore quand il raconte ce qu’il a dessiné. Ce seront des moments propices pour aborder le sujet.
  • Proposez-lui d’exprimer sa peine ou ce qu’il ressent à travers un dessin, une peinture (l’écriture pour les plus âgés). Vous pouvez aussi lui suggérer de faire un dessin pour la personne décédée ou qui est partie, voilà une façon de dire un dernier au revoir.
  • Répondez à ses questions avec honnêteté, sans tout dire en détail. Si vous ne savez pas quoi répondre, dites-le-lui en précisant que vous allez y réfléchir et lui revenir plus tard. Vous pouvez aussi lui demander ce qu’il imagine comme réponse à sa question, cela vous aidera à voir où il en est et à rectifier le tout si ce qu’il s’imagine l’angoisse.
  • Trouvez des réponses rassurantes sur la mort ou la perte : la personne n’est plus là, mais on garde de bons souvenirs dans notre cœur, on peut regarder des photos, se rappeler des souvenirs, lui écrire (envoyer la lettre à la personne si elle est toujours vivante ou l’écrire pour soi dans un cahier).
  • On peut lire un livre en lien avec ce que vit l’enfant : la mort d’une grand-mère ou d'un grand-père, le décès d’un animal, la séparation, le déménagement, etc.
  • Faites pousser une plante ou un arbre comme symbole de la relation ou de la personne, cela permettra à cette dernière de continuer d’exister, au-delà de la mort ou de la séparation.

 

Durant la lecture du livre ou même du visionnement d’un film qui traite le sujet, vous pouvez poser des questions à l’enfant afin de favoriser le processus de deuil. Voici quelques suggestions :

  • Qu’est-ce que la personne (personnage) ressent selon toi?
  • Comment réagirais-tu à sa place?
  • Est-ce que ça ressemble à ce que tu ressens?
  • Qu’est-ce que tu veux garder en toi de cette personne (ou de cet animal)?
  • Qu’est-ce que tu aimerais lui dire?

 

Et si, en tant qu’adulte, vous vous sentez dépassé par la situation, vous pouvez toujours consulter en thérapie pour y voir plus clair et ainsi mieux accompagner l’enfant.

 

Suggestions de lectures pour accompagner l’enfant :

 

  • BOUFFARD, M. et J. VADEBONCOEUR. Une personne que j’aime a le cancer. Guide d’accompagnement pour les enfants dont un proche vit avec le cancer, Éditions Midi trente, 2014.
    https://shop.multiressourcesquebec.com/boutique/anxiete/enfant-anxiete/une-personne-que-jaime-a-le-cancer/ 
  • CHARTRAY, P. et S. RANCOURT. Simon et le chasseur de dragons, Éditions du CHU Sainte-Justine, 2008.
  • FONTAINE, V. Toujours près de toi. Ton album de partage sur le deuil, Éditions Fonfon, 2010.
  • LAVERGNE, A.G. et Y. DUMONT. Le deuil de mon animal de compagnie : album d’activités, Éditeur Petit Homme, 2018.
  • TECKENTRUP, B. Tu vivras dans nos cœurs pour toujours, Éditions Larousse, 2013.

 

Nathalie Parent

Psychologue, auteure, conférencière

Multiressourcesquebec

https://multiressourcesquebec.com/


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Auteur

Nathalie ParentNathalie Parent

Nathalie Parent est psychologue et auteure de plusieurs livres traitant l’enfance et la famille. Elle pratique la psychothérapie auprès des enfants (avec la thérapie par le jeu), des adolescents, des adultes, des couples et des familles. Elle intègre plusieurs approches afin de répondre adéquatement aux besoins de chacun. Chargée de cours à l’Université Laval, elle a agi à titre d’éducatrice ainsi qu’enseigné à des étudiantes en Techniques d’éducation à l’enfance. Elle a aussi supervisé ces dernières dans différents milieux de garde. Elle se consacre maintenant à sa pratique de psychologue, à l’écriture, à la création d’outils pédagogiques et au partage de ses apprentissages à travers des conférences, formations et supervisions dans différents milieux de travail dont les milieux de garde et les écoles.




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