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Fillette de 4 ans qui n'accepte pas les conséquences

Bonjour,

 

Ma fille de 4 1/2 ans réagit toujours très mal lorsqu'elle obtient une conséquence suite à une désobéissance de sa part.

 

Par exemple : je lui dis de laisser une place à son petit frère de 20 mois sur le sofa (car elle est couchée sur le sofa et il n'est pas capable d'y monter) pour qu'il puisse écouter lui aussi l'émission de télé qui commence (qu'elle et lui adorent), sinon je ferme la télé. Se produit alors le prévisible : elle pousse son frère, le fait crier et l'empêche de s'assoir sur le sofa.

 

On dirait qu'elle me met au défi. Donc, j'éteins la télé. Là, c'est la crise qui s'ensuit, puis le «boudage». Ce n'est qu'un exemple pour vous démontrer qu'elle ne prend pas les avertissements au sérieux; pourtant je les mets toujours à exécution. Cela n'arrive pas à tous les jours, je ne considère pas qu'elle est une enfant difficile.

 

Par contre, lorsqu'elle était plus jeune, les crises n'étaient pas rares (pour toutes sortes de raisons, en particulier les refus) et il arrivait même qu'elle se fasse mal volontairement.

 

Son comportement est-il normal? Comment faire pour qu'elle accepte mieux les punitions et qu'elle retienne la leçon?

 

Je vous remercie à l'avance pour votre aide,

Valérie


Bonjour,

 

Dans votre exemple, on dirait que votre fille réagit à vous qui tentez de laisser une place à son petit frère, qui doit d’ailleurs déjà prendre de plus en plus de place (prendre les jouets de sa sœur, s’intéresser à tout ce qu’elle fait, avoir votre regard admiratif sur ses nouvelles habiletés, etc.)

 

La réaction de votre fille est tout à fait normale pour son âge. Son petit frère doit être dérangeant pour elle, même s’il a droit à sa place à lui. Quand vous dites « on dirait qu’elle me met au défi », je crois que c’est en effet ce qui se passe mais dans le sens d’un mouvement de rivalité envers la mère.

 

C’est un peu comme si elle se disait inconsciemment : « Est-ce que je suis aussi forte que ma mère et aussi grande qu’elle pour décider? On va voir jusqu’à quel point ma mère tient à moi. Je sais que je suis plus petite et ça me fâche d’être dans cette position mais je vais finir par avoir le dernier mot et je serai la reine de la maison. »

 

Les enfants de cet âge entrent dans une phase de « toute puissance » dans laquelle ils ont besoin de sentir qu’ils ne sont pas des adultes et ne peuvent pas tout décider. En même temps, ils ont besoin de sentir qu’ils sont aimés profondément, même quand ils s’affirment et que le parent est en désaccord. Dans l’exemple que vous donnez, essayez d’agir avant que la crise commence, en disant par exemple : « On dirait bien que tu aimerais avoir toute la place pour toi toute seule. C’est vrai que ça ne doit pas être toujours plaisant de partager. Tu sais, il y a de la place pour deux sur le sofa et dans mon cœur! »

 

Vous la déstabiliserez en parlant ainsi car elle s’attend plutôt à une lutte avec vous. Cherchez avec elle la place de chacun et rappelez-lui que vous les aimez tous les deux en leur faisant un « colleux ».

 

Et vous, qu’est-ce que ça vous fait que le plus petit vive le pouvoir de la plus grande? Est-ce que ça vous rappelle quelque chose? Bien souvent, les parents prennent parti pour le plus petit en oubliant ce que vit le plus grand dans ça. Tous sont plongés dans un cercle vicieux où le petit se plaint devant le comportement du plus grand et les parents viennent protéger le plus petit contre le plus grand qui est vu comme méchant.

 

Essayez de vous mettre à sa place à elle, comment elle vivait avant l’arrivée de ce frère qu’elle aime fort probablement mais qui change son existence. Y a-t-il des moments où elle a le droit de ne pas partager, d’avoir sa place à elle seule, son coin tranquille, son moment à elle seule avec sa mère ou son père? Ce sont des moments précieux que vous pourrez lui rappeler de façon aimante. Cela atténuera ses mouvements de colère et l’aidera à accepter sa position dans votre famille.

 

Pour l’aider à accepter les conséquences à ses gestes, il est aidant de lui rappeler que c’est son choix à elle, en essayant d’être le plus neutre possible dans votre façon de parler.

 

Pour reprendre l’exemple, vous pourriez lui dire calmement : « Tu te rappelles ce qui se passe lorsque tu n’acceptes pas de laisser de la place à ton frère? » Écoutez sa réponse puis dites-lui : « Qu’est-ce que tu choisis? Laisser une place à ton frère et regarder ensemble la télé ou bien ne pas le laisser embarquer sur le sofa et que ce soit toi qui s’assois par terre? » Vous pouvez compter jusqu’à trois pour avoir sa réponse puis si elle choisit de ne pas lui faire de place, vous la mettez par terre (comme ça le petit ne sera pas privé de son émission). Si elle fait une crise (ce qui est fort possible) et devient incommode pour son entourage, vous lui rappelez que c’est elle qui a fait le choix, et que si elle a besoin de faire une crise c’est dans sa chambre (ou dans un coin que vous avez choisi) à moins qu’elle change d’avis et revienne sur le sofa avec son frère.

 

N’oubliez surtout pas de la féliciter lorsqu’elle se reprend ou qu’elle a un comportement que vous aimez, ce renforcement vaut toujours plus que la punition.

 

Je vous souhaite une bonne persévérance…

 

Nathalie Parent
Psychologue

 


*Educatout.com n'est aucunement responsable du contenu de cet article. Toutes les informations mentionnées sont la responsabilité de son auteur et educatout.com se dégage de toute responsabilité ou de tout litige découlant de l'affichage dudit article.

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Auteur

Nathalie ParentNathalie Parent

Nathalie Parent est psychologue et auteure de plusieurs livres traitant l’enfance et la famille. Elle pratique la psychothérapie auprès des enfants (avec la thérapie par le jeu), des adolescents, des adultes, des couples et des familles. Elle intègre plusieurs approches afin de répondre adéquatement aux besoins de chacun. Chargée de cours à l’Université Laval, elle a agi à titre d’éducatrice ainsi qu’enseigné à des étudiantes en Techniques d’éducation à l’enfance. Elle a aussi supervisé ces dernières dans différents milieux de garde. Elle se consacre maintenant à sa pratique de psychologue, à l’écriture, à la création d’outils pédagogiques et au partage de ses apprentissages à travers des conférences, formations et supervisions dans différents milieux de travail dont les milieux de garde et les écoles.




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