
Voici quelques-unes des leçons les plus précieuses qu’ils m’ont offertes
Depuis quelques années, je travaille avec des enfants de trois et quatre ans. Ils m’ont appris des choses essentielles, souvent oubliées en grandissant.
1. La joie est dans les petites choses
Pensez à un escargot trouvé sur le trottoir, une chanson qui joue, un autocollant brillant… Pour eux, tout est motif à émerveillement. Leur capacité à être pleinement présents ou encore à savourer un moment aussi simple qu’une flaque d’eau me rappelle que la joie n’est jamais loin.
2. Tomber fait partie du chemin
Les enfants de cet âge tombent souvent, physiquement, mais aussi émotionnellement. Ils pleurent, ils se relèvent, ils repartent. Ils ne s’excusent pas d’avoir trébuché. Ils ne se jugent pas. Ils vivent l’émotion, puis ils continuent. Leur résilience naturelle est une leçon de douceur envers soi-même : tomber n’est pas un échec, c’est apprendre.
3. Dire ce qu’on ressent est une force
À trois ou quatre ans, on dit : « Je suis fâché. », « Je suis triste. », « Je veux un câlin. » Tout cela est dit sans détour. Leur authenticité m’a appris que la vulnérabilité n’est pas une faiblesse, mais une porte ouverte vers des relations plus vraies.
4. La créativité n’a pas de limites
Une boite devient une voiture, un tapis devient la mer et une chanson inventée sur place devient l’hymne du moment. Leur imagination est débordante. Ils m’ont rappelé que la créativité n’a pas besoin d’être parfaite pour exister; elle a seulement besoin d’espace.
5. Le corps sait dont il a besoin
Un enfant fatigué s'étend. Un enfant affamé demande à manger. Un enfant qui veut bouger… bouge. Cette connexion instinctive au corps que beaucoup d’adultes ont perdue est un rappel précieux. J’apprends, à leur contact, à écouter mes signaux internes, à respecter mes limites, à honorer mon énergie.
6. La gentillesse est un langage universel
Que ce soit un dessin offert, une main tendue ou un jouet partagé, leur empathie spontanée me surprend chaque jour. Ils n’ont pas encore appris la complexité ou les retenues sociales, alors leur bonté est pure. Cela m’a montré que la gentillesse n’a pas besoin d’être compliquée; elle se manifeste dans les gestes les plus simples.
7. Chaque jour est une nouvelle page
Les enfants ne ruminent pas. Le conflit d’hier n’est plus qu’un souvenir flou. Ils repartent à zéro, prêts à rire, à jouer, à aimer. Leur capacité à pardonner et à vivre dans l’instant m’a appris qu’il est possible, pour nous aussi, de choisir de recommencer.
En conclusion, les enfants de cet âge m’apprennent à être une éducatrice humaine. Au fond, chaque journée auprès d’eux est une invitation à revenir à l’essentiel : la présence, l’écoute, la curiosité, la bonté. Les enfants de trois et quatre ans ne se contentent pas d’apprendre à vivre; ils nous montrent comment vivre mieux. Auprès d’eux, j’ai compris que grandir ne devrait pas signifier que l'on cesse de s’émerveiller, de créer, de ressentir ou d’aimer.
Marie-Ève David
Éducatrice à la petite enfance