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L’autostimulation chez les enfants : inquiétante ou normale?

Tous les parents se sont déjà posé cette question… et ont aussi fort probablement ressenti un malaise concernant la nature de ce type de comportement. Pourtant, comme nous l’avons déjà soulevé, les enfants, dès leur naissance, évoluent et se développent à travers une sexualité qui leur est propre.

 

La sexualité des enfants : bien différente de la sexualité des adultes

Ce qu’il faut d’abord comprendre, c’est qu’il existe des différences notables dans la sexualité des enfants et celle que nous connaissons en tant qu’adulte :

  • Immaturité physiologique des enfants. Le corps des enfants est en pleine évolution et continuera de se développer jusqu’à la fin de l’adolescence;
  • Évolution des concepts. Chez les tout-petits, les concepts qu’ils acquièrent sur le plan de la sexualité sont d’abord très simples. Plus leur cerveau se développera, plus ils deviendront complexes;
  • Les motivations en lien avec la sexualité sont tout à fait différentes. En tant qu’adultes, nous associons la sexualité avec le désir, le plaisir, les fantasmes, la génitalité. Chez les enfants, les motivations liées à la sexualité sont tout autres : exploration, curiosité et recherche d’information.

C’est cette dernière caractéristique qu’il importe de retenir : aucun plaisir sexuel n’est associé aux comportements sexuels des enfants (sauf dans de rares exceptions). De plus, il faut retenir que, chez les enfants, l’autostimulation peut avoir plusieurs fonctions, toutes non liées au plaisir sexuel. Pour les enfants, les comportements masturbatoires répondent, la plupart du temps, à l’un ou l’autre des besoins physiologiques ou psychologiques suivants :

  • Apaisement
  • Relâchement des tensions
  • Réduction de l’anxiété
  • Source de réconfort
  • Réduire l’ennui
  • Aide au sommeil
  • Recherche d’attention de la part de l’adulte – ce qui est cependant moins fréquent.

L’autostimulation : partie intégrante du développement psychosexuel

Très tôt, entre 0 et 2 ans, les enfants découvrent leur corps par l’entremise des touchers : câlins, chatouilles, caresses, etc. Ils l’explorent avec curiosité et expérimentent les différentes sensations éprouvées. Ils découvrent aussi l’existence de leurs organes génitaux et prennent plaisir à les manipuler ou les toucher. Chez les garçons, cela se produit autour de 6 ou 7 mois, alors qu’on parle d’environ 10 ou 11 mois chez les filles. D’ailleurs, certaines réponses physiologiques, telles que les érections spontanées et la lubrification vaginale, surviennent aussi autour du même âge, lorsque l’enfant ressent des sensations plaisantes liées à ses organes génitaux : se faire changer de couche, se faire laver, le contact de l’air sur les parties génitales, etc. Cependant, il importe de spécifier que ces réponses physiologiques ne sont aucunement associées au plaisir sexuel.

 

Certains enfants peuvent ainsi présenter des comportements masturbatoires très tôt, avant l’âge d’un an, ce qui est tout à fait normal.

 

Comment intervenir si mon enfant se masturbe?

Lorsque les enfants sont très jeunes, c’est-à-dire avant l’âge de deux ans, il est assez difficile d’intervenir à cet effet, puisque leur stade de développement ne leur permet pas de bien comprendre nos interventions. Cependant, à partir de l’âge de deux ans, certaines interventions spécifiques sont possibles. Il faut toutefois retenir certains principes importants :

  • Garder son calme! Cela peut paraitre simple, mais comme nous l’avons mentionné précédemment, surprendre son enfant à se masturber peut provoquer un malaise chez plusieurs. Il faut intervenir calmement et doucement, même si cela peut être assez surprenant!
  • Il est très important de ne pas punir ou culpabiliser l’enfant, puisque cela pourrait avoir un impact négatif dans la façon dont il vivra sa sexualité plus tard. L’enfant ne doit pas associer la honte et la culpabilité au plaisir qu’il pourra ressentir.
  • Il est possible de tenter de rediriger l’attention de l’enfant vers une autre activité : lui proposer de bouger, de faire une activité créative, lui donner un livre, etc.

  • À partir de l’âge de deux ans, l’enfant doit comprendre que ce comportement est normal, mais qu’il doit être pratiqué dans un endroit privé, comme dans la salle de bain ou dans la chambre. Il est important que l’enfant développe son sens de l’intimité et de pudeur vis-à-vis de certains comportements. Par contre, il ne s’agit pas de le disputer en le renvoyant dans sa chambre! Il s’agit plutôt de lui expliquer que ce qu’il fait en ce moment, on le fait dans des endroits privés et de lui demander calmement de se retirer s’il désire poursuivre son « activité ».

Quand s’inquiéter?

Certaines situations en lien avec les comportements masturbatoires chez les enfants peuvent devenir problématiques et doivent ainsi être prises en charge par un ou une sexologue. Cela est le cas si, entre autres, l’enfant :

  • passe trop de temps enfermé dans sa chambre pour se stimuler et délaisse ainsi certaines activités quotidiennes;
  • se fait des blessures sur les organes génitaux : rougeurs, enflures, douleurs, etc.;
  • n’est pas capable de contenir ses comportements masturbatoires en public;
  • essaie d’impliquer d’autres enfants dans ses pratiques masturbatoires.

En terminant, souvenez-vous : les sexologues sont là pour vous aider ou vous aiguiller si vous avez d’autres préoccupations liées à ce sujet!

 

À la prochaine!

 

Amélie Sauvé, sexologue M.A


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*Educatout.com n'est aucunement responsable du contenu de cet article. Toutes les informations mentionnées sont la responsabilité de son auteur et educatout.com se dégage de toute responsabilité ou de tout litige découlant de l'affichage dudit article.

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Auteur

Amélie Sauvé, sexologue M.AAmélie Sauvé, sexologue M.A

Amélie Sauvé, sexologue M.A., est spécialisée dans l’éducation à la sexualité des enfants et des adolescents. Elle fait partie du Centre multidisciplinaire Harmonie, un centre spécialisé en enfance et en famille. Le développement psychosexuel des tout-petits et des jeunes représente aujourd’hui le centre de sa pratique professionnelle.

Diplômée de la maitrise en 2009, elle a travaillé, au cours de sa carrière, avec plusieurs problématiques : violence conjugale, hypersexualisation, sexualisation précoce, abus sexuels (enfants et adolescentes) et comportements sexuels intrusifs (enfants). Elle fait partie de la Clinique d’intervention jeunesse Mana, située à Québec.




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