
Dès le 1er spetembre 2026
Depuis l’annonce des changements à venir en milieu familial, une question revient souvent chez les personnes non reconnues : « Suis-je prête à continuer dans ce métier? »
Derrière cette question, il n’y a pas seulement des démarches ou des exigences à respecter. Il y a aussi des émotions, de la fatigue, des doutes, parfois du découragement… ou un besoin bien réel de prendre du recul.
Des préoccupations bien réelles
Sur le terrain, certaines inquiétudes reviennent fréquemment.
La crainte de perdre son autonomie
Pour plusieurs, le milieu familial non reconnu a été choisi pour sa liberté et sa souplesse. L’idée d’une reconnaissance obligatoire peut donc faire naitre des peurs légitimes, comme celles-ci :
- d’avoir plus de tâches administratives;
- de se sentir davantage encadrée ou surveillée;
- de perdre une partie de sa liberté au quotidien.
Ces craintes traduisent surtout un attachement profond à une façon de travailler qui vous ressemble.
L’idée de fermer plutôt que de se conformer
Certaines personnes envisagent de fermer leur service de garde plutôt que d’entamer une démarche perçue comme lourde ou épuisante. Ce choix ne remet pas forcément en question l’amour du métier. Bien souvent, il reflète :
- une grande fatigue;
- une surcharge accumulée avec les années;
- un découragement face aux changements annoncés.
Penser à arrêter peut parfois être un signal que c'est le temps de faire une pause… ou simplement de réfléchir à la suite avec plus de douceur.
Un sentiment d’injustice chez les personnes d’expérience
Chez plusieurs responsables en milieu familial non reconnu, un sentiment d’injustice est aussi présent. Elles ont :
- des années d’expérience;
- des parents satisfaits;
- un milieu stable, chaleureux et bien organisé.
Devoir se conformer à un nouveau cadre peut alors donner l’impression que leur expertise n’est pas pleinement reconnue. Ce sentiment est compréhensible et mérite d’être nommé.
Revenir à l’essentiel : pourquoi ce métier?
Avant de décider si vous voulez continuer ou non, cela peut être aidant que vous reveniez à une question simple, mais essentielle : « Pourquoi ai-je choisi ce métier au départ? »
Pour la majorité des personnes, ce n’était pas pour la paperasse ou les règles, mais plutôt :
- le désir de prendre soin des enfants;
- l’envie d’offrir un milieu sécurisant et chaleureux;
- la conciliation travail-vie personnelle;
- le plaisir de voir les enfants grandir et s’épanouir.
Avec le temps et la charge mentale, cette motivation peut parfois s’estomper.

Un métier exigeant… mais profondément porteur de sens
Malgré les défis, le travail d’éducatrice en milieu familial demeure essentiel et profondément humain. Chaque jour, vous jouez un rôle clé dans le développement et le bienêtre des enfants, tout en offrant une stabilité précieuse aux familles.
Vous rappeler l’importance de ce rôle peut vous aider à remettre les choses en perspective, surtout en période de changement.
Vous pouvez vous demander ceci : « Est-ce que je veux continuer? » Cela ne consiste pas seulement à réfléchir à des obligations. C’est aussi vous demander :
- Est-ce que ce métier a encore du sens pour moi?
- Est-ce que j’ai encore envie d’accompagner des enfants au quotidien?
- Est-ce que je me vois dans ce rôle pour les prochaines années?
Et si, au fond, la réponse est « oui », ou même « probablement », prendre le temps de mieux comprendre ce que la reconnaissance implique réellement devient alors une démarche logique et aidante.
Pour plusieurs, cette préparation permet de réaliser que la reconnaissance n’est pas là pour enlever l’autonomie ou la couleur du milieu familial, mais pour offrir du soutien, des repères et un cadre afin que vous n’ayez plus à tout porter seule.
Geneviève Beaudet, ps. éd.