
La fin d’une année en petite enfance ne se résume pas à une simple transition.
Derrière les sourires, les bricolages et les fêtes de fin d’année, il y a un vécu beaucoup plus silencieux : celui du deuil du groupe. Il s’agit d’un processus dont on ne parle pas assez, mais qui est profondément ressenti.
Un attachement réel et inévitable
Au fils des mois, des relations se tissent. Jour après jour, une éducatrice observe, accompagne, console et encourage. Elle apprend à connaitre chaque enfant. Ce lien n’est pas anodin; il est authentique, humain et chargé d’émotions. Alors, quand l’année se termine, ce n’est pas seulement un groupe qui part… c’est une partie de son quotidien et de son cœur qui change.
Un deuil souvent invisible
On entend souvent des éducatrices dire qu’elles :
- enchainent avec un nouveau groupe;
- restent positives et disponibles;
- passent rapidement à autre chose.
Mais à l’intérieur, il peut y avoir :
- une nostalgie douce;
- un sentiment de vide;
- une fatigue émotionnelle accumulée;
- parfois, une forme de tristesse.
Évidemment, tout cela est normal.
Accueillir plutôt que fuir
Faire le deuil d’un groupe ce n’est pas « tourner la page rapidement ». C’est plutôt prendre le temps de refermer doucement le livre. Voici quelques pistes qui peuvent vous accompagner.
- Nommer ce que vous ressentez : reconnaitre que ce départ vous touche, sans jugement.
- Vous remémorer les moments significatifs : les progrès, les fous rires, les défis surmontés.
- Créer un rituel personnel : écrire un mot, feuilleter des photos, vous offrir un moment calme après le départ du groupe.
- Accepter le vide temporaire; celui-ci fait partie de la transition. Il prépare doucement l’arrivée d’un nouveau groupe.
Clore pour mieux recommencer
Clore une année, c’est aussi honorer tout ce qui a été vécu. C’est reconnaitre que :
- vous avez eu un impact réel;
- les enfants repartent avec des bases solides;
- vous grandissez vous aussi à travers chaque groupe.
Cela doit être un processus qui transforme les émotions en expérience, en douceur et en sens et non pas en les accumulant d’année en année. En conclusion, faire le deuil d’un groupe, ce n’est pas un signe de faiblesse. Au contraire, c’est le reflet de votre engagement, de votre sensibilité et de votre humanité. C’est tout cela mis ensemble qui fait la richesse de votre rôle.
Bonne fin d’année!
Marie-Ève David
Éducatrice à la petite enfance