Terreurs nocturnes?
Bonjour,
Je viens de trouver le site d’educatout et vos conseils. J'ai un petit garçon de 2 ans et demi qui nous fait mille misères depuis quatre mois (naissance de son petit frère) pour aller se coucher (sieste et soir), rester dans son lit, voire sa chambre, et dormir. Et quand, enfin, il s'endort, il nous réveille entre une et à six fois en hurlant, comme si on lui arrachait quelque chose!
Nous avons essayé des milliers de choses, mais rien ne vient à bout de cette situation épuisante pour tout le monde. Je pense que le déclencheur est sans doute lié à l'arrivée du petit frère. Mais pourquoi ça ne passe pas ? Je ne suis pas certaine que ce soit encore lié à ça... Et nous n'arrivons pas à savoir s'il est tout à fait éveillé quand il pleure, mais si nous n'intervenons pas, il hurle de plus belle, et si nous cherchons à le calmer, parfois rien n'y fait et nous devons éclairer la pièce, lire une histoire ou le faire rire pour qu'enfin il « sorte » de ses hurlements! Il me semble, d'autre part, qu'il ait déjà connu des phases de mauvais sommeil, mais jamais aussi longues (suite à un déménagement, notamment) et il n'avait jamais eu de problème pour s'endormir jusque-là.
Bref, nous n'en pouvons plus! Heureusement que le deuxième dort très bien (malgré quelques difficultés pour s'endormir tout seul, mais on essaie de tenir bon de ce côté là).
Merci de vos conseils (les médecin et psychologue que nous avons vus nous ont seulement suggéré d'attendre!)!
Claire,
Maman de Siméon (2 ½ ans) et Anatole (4 mois).

Bonjour Claire,
Commençons tout d'abord par définir ce qu'est une terreur nocturne, car c'est un état du sommeil assez particulier.
Les terreurs nocturnes se produisent généralement en début de nuit, une à deux heures environ après l’endormissement de l’enfant, jamais au petit matin. De façon générale, une crise de terreurs nocturnes ressemble à ceci : l’enfant crie, pleure à l’occasion, s’assoit dans son lit, regarde fixement, se débat parfois, transpire beaucoup, respire de façon saccadée et son cœur bat rapidement. En fait, il semble apeuré et ensuite, tout bonnement, il se couche et se rendort. Le lendemain, il ne se souvient de rien, car il n'était pas du tout réveillé durant cette crise de larmes au milieu de son sommeil. Pour leur part, les parents se souviennent de façon très vivace de cette vision troublante de leur enfant en proie à une terreur nocturne.
Or, 5% des enfants vivent des terreurs nocturnes. Celles-ci se produisent le plus souvent entre six mois et six ans et atteignent leur apogée entre trois et quatre ans. Les terreurs nocturnes se produisent plus fréquemment quand l’enfant est fatigué. Un enfant sujet aux terreurs nocturnes doit dormir suffisamment (de jour comme de nuit), surtout quand son horaire de sommeil risque d’être perturbé (voyage, vacances, etc.).
Même si la première cause des terreurs nocturnes est un manque de sommeil (sieste coupée ou endormissement tardif le soir), il arrive parfois qu'un événement de sa vie vienne le perturber à un point tel qu'il peut être sujet aux terreurs nocturnes. À ce moment-là, il serait bien que les parents consultent un thérapeute afin de découvrir comment soutenir leur enfant durant cette période. L'arrivée d'un nouveau bébé peut déstabiliser un enfant, car nous ne possédons pas tous le même degré d'adaptation.
De plus, si cela perdure dans le temps, il devient encore plus important de trouver des stratégies, durant le jour, qui rassureront votre enfant. Si le psychologue consulté vous répond d'attendre que cela passe, je vous suggère d'en trouver un qui soit compétent en matière de petite enfance. Même si le temps est votre meilleur allié dans ce genre de situation, je suis convaincue qu'il y a des gestes à poser de jour qui le soutiendront afin que votre fils puisse surmonter ses difficultés émotives.
Durant la nuit, voici comment réagir. Il est conseillé de parler à l’enfant doucement et lentement, de lui caresser le bras ou le front (s'il ne vous repousse pas), sans toutefois le réveiller; cela peut l’aider à réintégrer un sommeil paisible. Il est suggéré, par ailleurs, de lui chanter une berceuse, celle qu’il avait l’habitude d’entendre lorsqu’il était petit. Cela peut s’avérer suffisant pour le rassurer et lui permettre de retrouver un sommeil calme. Le plus souvent, l’enfant ne semble pas réagir à la présence d’une autre personne. La meilleure attitude est d’attendre la fin de l’épisode en s’assurant que l’enfant ne se blesse pas, notamment s’il se débat beaucoup. Rappelez-vous qu'il ne faut surtout pas le réveiller; si votre garçon réalise qu'il a des comportements intenses durant la nuit, et ce, hors de son contrôle, sera risque d'en rajouter à ses difficultés émotives.
Toutefois, si votre enfant vous reconnaît ou vous regarde lorsque vous entrez dans la chambre, c'est signe qu'il est réveillé. S'il parle assez, vous pouvez aussi lui demander, le lendemain matin, s'il a bien dormi. S'il répond qu'il se souvient de cet épisode de larmes dans la nuit, c'est un autre signe qu'il ne dormait pas. À ce moment-là, la stratégie n'est plus la même. Lorsque ces épisodes de crise se produisent durant son sommeil, il faut l'inviter fermemement à se calmer, sans le prendre ou le cajoler, et quitter la chambre sans plus (c'est au parent, qui fait preuve d'une plus grande autorité, à jouer ce rôle). Aussi, il faut éviter d'intervenir trop souvent, car cela risque de devenir un moyen pour lui d'attirer, de façon négative, votre attention et finalement, créer chez lui ce qu'on appelle de l'insomnie conditionnée, c'est-à-dire que son cerveau prendra l'habitude de le réveiller aux mêmes heures, chaque nuit, afin d'avoir votre présence près de lui.
Toutefois, il faut retenir que sa motivation dans cette situation est votre présence près de lui, il serait donc bien, le jour, de lui accorder (si vous ne le faites pas déjà!) un moment particulier (10 à 15 minutes peuvent suffirent) avec lui où vous n'aurez pas d'autres préoccupations que lui.
En dernier lieu, je vous suggère la lecture du livre Comment aider mon enfant à dormir, disponible à la boutique virtuelle d'educatout.com. Étant donné que ce livre vient avec une consultation téléphonique gratuite, je serai en mesure de vous en parler plus longuement.
Brigitte Langevin, auteure
Conférencière et formatrice
L'ABC des Rêves et du Sommeil

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