Témoignage d'une éducatrice
J'aimerais écrire à votre éducatrice qui a beaucoup de difficultés avec son poupon de 12 mois et aucune collaboration des parents...
L'an dernier, j'ai eu le « bonheur » d'accueillir chez moi un petit garçon de 7 mois... il a fréquenté mon service de garde graduellement, mais il pleurait tellement lorsque c'était le temps de la sieste que mon fils de 16 ans (pendant l'été) et moi nous nous relayions pour le promener dans nos bras pour le calmer. Je ne croyais pas m'en sortir!!!
Aujourd'hui, il s'endort tout seul et je viens juste de lui couper la suce. Il commence à boire du lait au verre. Chez lui, il dort toujours avec maman ou papa et continue de boire deux bouteilles par nuit; la mère continue malgré mes recommandations.
Je voudrais juste dire à votre éducatrice de ne pas lâcher. Lorsque la maman va retourner au travail, cette dernière n'aura pas le choix d'avoir une routine et le tout va rentrer dans l'ordre... GARANTI!! Pour l'instant, malheureusement, l'éducatrice doit payer le prix...
Bonne journée! J'espère avoir remonté le moral d'une des nôtres.
Une responsable depuis 12 ans
Merci.
Chère éducatrice,
Votre témoignage est un délice et sera aidant pour des dizaines et des dizaines d'éducatrices qui vivent chaque jour le même problème que vous avez vécu. De fait, il est important de conscientiser que ce n'est pas parce que le parent ne collabore pas que ce sera vain du côté de l'éducatrice. Les bébés ont une capacité d'adaptation, il suffit d'un bon coup de pouce de la part de l'éducatrice et le bébé arrive à dormir de façon autonome en garderie alors qu'à la maison, le sommeil de bébé demeure problématique.
Aussi, il est essentiel de mentionner (car vous ne dites pas comment vous y êtes arrivée, bien que je m'en doute un peu!) qu'il est faux de croire que vous y êtes arrivée sans que le bébé n'exprime un tant soit peu son mécontentement (pleurer fort). Que les éducatrices qui lisent ce message se rassurent. Un bébé fatigué a le droit de pleurer tout son soul s'il le désire au moment où il est au lit. Pleurer aide à décharger la tension et à permettre au sommeil de s'installer.
Le point le plus important à retenir c'est que lors de l'intégration, les 5-6 premiers jours, la stratégie des 5-10-15 minutes (aller voir le bébé qui pleure dans son lit à intervalles de plus en plus longs) convient. Toutefois, au bout de ce terme, il faut laisser le bébé à lui-même tout le temps de la période de sieste, car cette stratégie vient le mettre en colère au lieu de le rassurer.
Enfin, il est important aussi d'éviter de sortir le bébé du lit s'il pleure à la fin de la période de sieste, car il risque d'associer pleurer à quelqu'un me sort de là et il n'aura de cesse que de répéter ce comportement. Il convient donc, à la fin de la période de sieste, de saluer le bébé (même s'il pleure fort), d'aller ouvrir la toile de la fenêtre, ensuite de revenir le voir et lui demander de se calmer, sans le toucher, mais en lui parlant d'une voix tendre et calme. Lorsque l'intensité des pleurs diminue, hop! on le sort du lit et on le félicite d'avoir tenté de dormir.
Vous êtes une preuve que la constance et la persévérance viennent à bout des difficultés de sommeil des enfants! Félicitations et bonne continuité dans votre travail!
Brigitte Langevin
Conférencière et formatrice
L'ABC des Rêves et du Sommeil
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