La sieste en pouponnière doit-elle être écourtée?
Bonjour,
J'ai présentement, à la pouponnière, un bébé de 12 mois. La maman se plaint aux éducatrices que son enfant dort trop et ne dort pas toutes ses nuits.
Elle voudrait que les éducatrices le laissent dormir seulement une heure et demie par jour. L'enfant en question a dormi trois heures hier après-midi, ce n'est pas toujours le cas.
La maman n'est pas contente et se plaint à voix haute dans le corridor. Je lui ai expliqué que si son enfant a dormi trois heures, c’est qu'il en avait besoin.
Avez-vous un conseil à nous donner? Votre chronique mentionnait que de 9 à 18 mois, une sieste en matinée et une autre en début d'après-midi étaient nécessaires, mais pour combien d'heures? Comment approcher le parent à ce sujet?
Marlène

Bonjour Marlène,
Tout d'abord, un bébé de 12 mois a besoin d'une sieste, le matin, d'environs 1h à 1h30. Cette sieste devrait se faire entre 8h30 et 10h30. L'enfant ne devrait pas dormir plus d'une heure trente.
Si son besoin est plus grand, en matinée, c'est que sa nuit ne lui permet pas de récupérer en qualité et en temps. La sieste de l'après-midi, pour un bébé de 12 mois, est d'environ 2 h-2h30. Elle se fait entre 12h30 et 15h. Un enfant levé à 15h arrivera très bien à s'endormir le soir venu. S'il dort trois heures l'après-midi, il semble évident que la sieste du matin a dû être supprimée trop tôt. À cet âge, il en a encore besoin.
Généralement, la difficulté à s'endormir le soir vient du fait d'une trop grande interaction entre les parents et l'enfant. Souvent, l'enfant est mis au lit vers 19h30 et s'il ne s'endort pas dans les minutes qui suivent ou s'il se met à pleurer, les parents n'en finissent plus d'intervenir pour faire en sorte que ce dernier s'endorme, ce qui empêche au cerveau (c'est lui qui gère le sommeil) de faire son travail, car l'enfant est continuellement stimulé et ne cherche alors qu'à se lever.
Une fois tous les besoins répondus avant le dodo (manger, boire, être propre, avoir passé du temps avec ses parents, etc.), l'enfant doit être mis au lit et il doit être laissé à lui-même pour s'endormir. On répond alors à un autre besoin fondamental : celui de dormir.
Aborder le sujet avec le parent est toujours délicat. Il est lui-même épuisé et 90% du temps, il se sent coupable et parfois, il a même le pressentiment d’être un mauvais parent en constatant que son enfant ne dort pas bien à la maison. Il est toujours plus facile de rejeter le blâme sur l'autre que de se regarder soi-même.
Cela dit, il faut lui dire que vous avez fait appel à une experte (en l'occurrence, moi) afin de vous assurer de bien répondre aux besoins de son enfant (malheureusement, les parents s'imaginent à tort que les éducatrices et le personnel administratif sont ignorants en matière de sommeil), ceci la rassurera dans un premier temps. Ensuite, faites-lui lire ce que j'ai écrit (les deux paragraphes ci-haut). Dites-lui que vous comprenez ce qu'elle vit et qu'elle n'est pas la première mère vivant cette problématique.
Faites-lui part qu'avec le livre Comment aider mon enfant à dormir vient une consultation téléphonique gratuite et qu'avec leur collaboration, vous pourrez trouver ensemble des solutions qui viendront faire en sorte que son bébé dormira bien le soir venu.
Évidemment, j'aimerais bien vous dire que c'est la recette secrète pour faire comprendre au parent le besoin vital du sommeil de son enfant, mais certains parents refusent obstinément de comprendre quoi que ce soit. Il faudra alors vous positionner afin de faire respecter les règles qui sévissent à votre CPE.
En matière de sommeil, j'ai écrit une politique sur le sommeil afin de protéger le sommeil des enfants en milieu de garde. Elle se trouve aussi dans le livre Comment aider mon enfant à dormir, disponible chez educatout.com. Ce serait une bonne idée de la faire adopter par votre CA et de la faire appliquer à la lettre...
Enfin, je donne des conférences pour les parents sur le sommeil des enfants. Vous pourriez en organiser une, en souhaitant que ce parent y vienne! Mes propos et mes exemples sont assez percutants, tout en étant non culpabilisants pour le parent. Cela pourrait être une autre solution.
Brigitte Langevin, auteure
Conférencière et formatrice
L'ABC des Rêves et du Sommeil