La sieste en garderie est essentielle
Bonjour Brigitte,
Mon fils de 3 ans et 4 mois va à la garderie la semaine où il fait une très bonne sieste (2h30 voire plus). Malgré nos rappels aux éducatrices afin qu'il dorme moins là-bas, cela reste identique car elles disent que si un enfant dort, c'est qu'il en a besoin.
On le récupère à 17h30, et là, une deuxième journée débute pour lui. Il est en forme olympique. Ce n'est qu'à 23h30 qu'il va sentir l'appel du sommeil. Nous avons essayé plusieurs choses : repas à 18h00, bain à 19h00, petit amusement et rituel du coucher.
Mais cela dure en long et en large sans plus de succès, car on sent qu'il n'est pas du tout fatigué. Selon moi, ce n'est pas un refus de vouloir dormir mais qu'il n'est pas fatigué.
D'autre part, il dort dans la même chambre que sa soeur qui a besoin de beaucoup plus d'heures de sommeil.
On ne veut donc pas la déstabiliser, car si on oblige et force notre fils à rester dans son lit, ce sont des hurlements qui peuvent déranger tout notre immeuble et notre fille et au bout du compte, il est encore plus agité.
C'est une chaine sans fin car dans la journée, évidemment, il se sent fatigué et donc dort trop. Que faire?
Donner notre chambre à notre fille, papa et maman dans le canapé et petit garçon dans la chambre d'enfant afin de l'obliger sans céder à rester et à dormir dans son lit? Ce sera plus qu'une bataille au niveau sonore.
Nous espérons de tout notre coeur qu'il sera plus fatigué en maternelle avec moins de siestes et peut-être, que nous pourrons enfin avoir une vie de couple normale (aucune soirée ensemble et après minuit, nous sommes épuisés).
Merci de nous apporter toute votre aide afin de sortir de ce cercle vicieux.
Valérie

Bonjour Valérie,
Il est bien tentant de croire que lorsqu'un enfant de 3 ans tarde à s'endormir le soir c'est tout simplement parce qu'il n'est pas fatigué.
Cependant, dans ma pratique (et j'ai vu des centaines et des centaines de parents et enfants), cela ne s'est JAMAIS avéré exact. À trois ans et 4 mois, votre fils a encore besoin de sa sieste, cependant, celle-ci ne devrait pas dépasser une période de 2h30 de sommeil. Si votre fils n'avait pas dormi durant cette période, nous aurions pu croire qu'il s'agissait d'un petit dormeur, mais ce n'est pas le cas.
En fait, votre fils n'est pas en épuisement total au moment d'aller au lit (ce qui est normal et devrait toujours être le cas) et il en profite pour contester votre autorité en criant (ce qui est encore tout à fait normal puisque c'est le rôle de l'enfant!)
Par conséquent, en ne lui permettant plus de dormir à la sieste ou très peu, votre fils tomberait de fatigue le soir, en état d'épuisement complet, ne lui permettant même plus de pouvoir être dans son rôle d'enfant, soit de contester un tant soit peu. Cela vous donnerait l'impression que tout va bien alors qu'en réalité, votre fils serait tout simplement en train d'apprendre à s'endormir dans un état d'épuisement total.
Ce qui est à craindre dans cette façon de faire, c'est que le jour où il n'y aura plus de besoin de sieste, soit vers la maternelle, eh bien comme il ne sera plus en dette de sommeil majeure au moment d'aller au lit, il recommencera son petit manège. Couper la sieste d'un enfant de 3 ans peut apporter des gains à court terme chez certains parents, mais le prix à payer pour l'enfant risque d'être élevé.
La solution mentionnée dans votre message, soit de transférer votre fille de chambre (peut-être juste mettre un matelas par terre dans votre chambre) et de laisser votre fils crier tout son soul (autant qu'il le désire) dans son lit sans intervenir (retourner le voir, lui répondre ou le disputer) lui fera comprendre que dorénavant, le sommeil est indiscutable.
Avisez vos voisins de ce que vous mettez en place et débutez la stratégie un vendredi soir, car il risque de vous en faire voir de toutes les couleurs les 2-3 premières nuits. Votre constance et votre persévérance feront toute la différence. Enfin, il faut éviter de parler de la qualité de son sommeil devant lui autant à la maison qu'à la garderie.
En ignorant ses crises le soir, vous le verrez s'endormir à nouveau dans un délai raisonnable et vous verrez ses siestes d'après-midi revenir à une durée d’environ 2 heures de sommeil. Constance et persévérance seront vos meilleures alliées.
Brigitte Langevin, auteure
Conférencière et formatrice
L'ABC des Rêves et du Sommeil