Collaborer afin d'optimiser le bonheur de l'enfant
Établir une collaboration harmonieuse avec les parents des enfants qui fréquentent la garderie ou l’école est loin d’être une sinécure. Cependant, ayant vécu les deux côtés de la médaille en travaillant en milieu scolaire et auprès des familles, je peux vous dire que c’est possible en tenant compte des besoins de chacun. De plus, je partage la réalité de maman qui a des enfants qui ont fréquenté la garderie en milieu familial ainsi qu’en installation et qui fréquentent maintenant l’école. Tout cela me permet de constater que les éléments favorisant les bons échanges sont teintés de respect, d’écoute et de considération. Quant aux jugements, aux accusations et au manque de confiance, ils engendrent des relations difficiles. Au bout de la ligne, c’est souvent l’enfant qui vit les effets de ces échanges.
Tout d’abord, abordons les éléments qui facilitent et conservent des échanges constructifs et harmonieux. Écouter sans se sentir menacé et accusé n’est pas toujours évident. Avoir la capacité de se mettre en mode écoute, c’est être capable d’entendre le besoin exprimé derrière les mots. Avant d’entreprendre une discussion avec un parent, une éducatrice ou un enseignant, il est nécessaire de bien cibler votre besoin ou celui de l’enfant. Voici des exemples qui peuvent vous aider :
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Difficultés rencontrées
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Exprimer le besoin de l’enfant
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Julien s’oppose à vos consignes.
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Julien a besoin de développer l’écoute des consignes.
J’aimerais l’aider davantage.
Est-ce que vous vivez cette difficulté à la maison? Quels sont vos trucs?
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Coralie frappe les amis.
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Coralie a besoin de développer ses habiletés d’entraide et de partage.
Lorsque vous êtes avec d’autres enfants à la maison, est-ce qu’il vous arrive de voir ces comportements? J’aimerais l’aider davantage.
Comment intervenez-vous? Cela pourrait m’être utile.
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Sabrina est parfois triste au retour de l’école. Elle dit qu’elle n’aime pas l’école parce qu’elle se fait toujours chicaner.
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Sabrina pleure parfois au retour de l’école, elle a l’impression qu’elle se fait souvent chicaner. Nous avons besoin de la rassurer. Remarquez-vous cette difficulté?
Comment est son comportement en classe? Comment pouvons-nous l’aider à être plus heureuse?
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De plus, toute personne a besoin que l’on considère son point de vue, et ce, même s’il va à l’encontre de nos croyances. Considérer ne signifie pas accepter. Cela nous amène simplement à entendre et recevoir le commentaire. Si nous sommes tentés de faire abstraction du point de vue de l’autre personne, nous aurions avantage à connaitre qu’est-ce que son point de vue sous-tend. Fletcher Peacock disait : « J’ai ma vérité, mais l’autre aussi a sa propre vérité! » Souvent, nous souhaitons établir une collaboration, mais inconsciemment nous souhaitons que l’autre adhère à notre façon de faire. Collaborer signifie mettre en commun nos efforts pour la réalisation d’un même objectif. Cet objectif est de répondre aux besoins de l’enfant. Le fait de nommer l’émotion de notre interlocuteur et réfléchir à la situation démontre une belle preuve de considération en soi.
Parfois, il est aussi nécessaire de planifier cette discussion. Les coins de porte dans le va-et-vient ne représentent souvent pas le meilleur moment. Il est beaucoup plus facilitant de fixer un rendez-vous à un moment qui convient aux deux parties. Nous pouvons également réfléchir aux forces de l’autre individu ainsi que soulever ce que nous aimons et apprécions de l’autre. Présenter les éléments en termes de comportements observables et mesurables pour éviter les jugements. Voici quelques exemples qui pourront vous être utiles :
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Étiquettes
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Comportements mesurables et observables
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Violent, agressif
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Votre enfant donne des coups de pied aux amis lorsqu’il est contrarié; votre enfant a poussé deux fois le même ami aujourd’hui…
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Hyperactif
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Votre enfant court lors des déplacements; votre enfant coupe la parole; votre enfant se lève continuellement…
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Être dans la lune, paresseux
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Votre enfant débute les tâches après les autres; votre enfant ne termine pas les tâches demandées; pendant les tâches, je dois solliciter son attention pour qu’il poursuive…
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Placoteux, « mémère »
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Votre enfant parle en même temps que moi; votre enfant parle lorsque je demande le silence…
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Attention aux généralités : toujours, jamais, tout le monde, etc.
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De plus, il est avantageux de s’exprimer en utilisant des énoncés « à la première personne ». S’exprimer en utilisant le « je » évite les attaques directes. Notre message est clairement exprimé et soulève notre impression. Vaut mieux reporter la discussion à un moment ultérieur si nous sentons qu’il est difficile de demeurer calme.
En terminant, un petit truc qui peut être très utile lorsque nous discutons avec un parent est de garder en tête qu’un parent aime son enfant de façon inconditionnelle. Donc, les interventions qu’il pose ou ne pose pas auprès de son enfant ne sont jamais de mauvaise foi. Il croit faire ce qui est le mieux, et ce, au meilleur de ses connaissances. Alors, il faut parfois y aller avec beaucoup de douceur et de persévérance pour tenter d’amener un changement positif et durable.
Anne-Marie Audet, psychoéducatrice