Intervenir et conserver son énergie
Voici quelques trucs pour intervenir de façon professionnelle tout en conservant une énergie positive pour son travail.
Ces techniques ne sont pas toujours simples à appliquer auprès des enfants. Pour y arriver il faut parfois changer des habitudes profondément ancrées. La meilleure façon d'atteindre nos objectifs est d'y aller doucement.
Par exemple, je suggère de prendre en note un maximum de deux objectifs parmi ceux énumérés plus bas. À chaque jour, pendant la sieste, questionnez-vous sur vos interventions, prenez des notes sur ce que vous avez fait et ce que vous auriez dû faire.
Discutez-en avez une collègue ou avec votre conseillère pédagogique, elles pourront fournir des solutions et des questionnements auxquels vous n'avez pas pensé.
- Toujours prendre le temps de comprendre le comportement de l'enfant avant d'agir et d'intervenir, car sinon nous sommes en réaction. Nous drainons ainsi notre énergie et nous intervenons de façon négative et inadéquate dans 95% des cas.
- Ne pas se dire qu'il faut tout contrôler. Nous avons le droit de changer d'idée et parfois donner raison aux enfants. Ex.: Un enfant veut faire de la pâte à modeler et je réponds «non» de façon catégorique. Je dois alors me demander pourquoi j'ai dit non. Est-ce pour ne pas nettoyer après l'activité ou bien parce que ce n'est pas ce que j'avais prévu? Finalement, c'est peut-être une bonne idée de faire de la pâte à modeler...
- Prioriser nos interventions et ignorer certains comportements afin de préserver notre énergie. Lorsque nous prenons le temps d'observer, nous nous rendons compte que plusieurs conflits se règlent d'eux-mêmes. Mais attention, l'ignorance intentionnelle est bonne à condition d'utiliser le renforcement positif dès que l'enfant reprend le bon comportement. Ex.: «Bravo! Tu as cessé de crier!» ou «Je suis fière de toi, tu as choisi de partager!»
- Pour modifier la dynamique du groupe ou d'un enfant, il est bien d'utiliser la diversion: changer l'intérêt, faire jouer de la musique douce, modifier la lumière, moduler la voix... Cela évite des interventions négatives.
- Nous devons être cohérentes et donner l'exemple. Si nous voulons que notre groupe soit calme, nous devons être calmes nous aussi.
- Éviter de dénoncer le comportement d'un enfant en criant devant tout le groupe. Ne jamais oublier que chaque fois que nous intervenons directement auprès d'un enfant, devant les autres, nous agissons négativement sur son estime de soi. Il faut d'abord se déplacer vers l'enfant, lui toucher l'épaule et intervenir discrètement.
- Dans le journal de bord qui s'adresse aux parents, décrire les besoins de l'enfant plutôt qu'écrire des faits négatifs sur sa journée.
Ex. : « Il avait besoin qu'on s'occupe de lui un peu plus aujourd'hui. » au lieu de : « Il a passé une journée très difficile. »
- Il est important de bien maitriser le développement des habiletés sociales. Si nous sommes trop exigeantes envers les enfants, nous diminuons leur estime d'eux-mêmes car nous les mettons en situation d'échec. Cela nous demande aussi trop d'énergie.
- En tant qu'éducatrices, nous devrions pouvoir anticiper les comportements négatifs de l'enfant perturbateur et faire de la prévention positive.
Ex. : On sait que l'enfant va courir dans le corridor. Le féliciter pendant qu'il marche encore. Il sera tellement fier!
Pour atteindre nos objectifs, il faut savoir observer les enfants et surtout, être capable de s'observer soi-même. Pour vous soutenir dans ce cheminement, demandez à votre conseillère pédagogique de passer quelques heures avec vous dans votre local. Quand on supporte bien la critique, cette technique est très constructive. Bonne chance.
Julie Lefrançois