| Avez-vous déjà
remarqué, qu’à chaque automne, on peut
voir des grandes lignées d’oiseaux qui volent
en formant un immense V (triangle)
dans le ciel. Puis à chaque printemps une fois la neige
fondue, ils repassent dans l’autre sens.
On peut les entendre de très loin avec leur cri :
«
HAN! HAN! HAN! HAN!
»
On les appelle les bernaches, et aussi
les outardes.
Vous remarquerez que lors de leur retour au
printemps, ils sont souvent plus nombreux qu’à
l’automne. C’est que durant l’hiver, là-bas
où ils étaient, bien au chaud, les mamans ont
mis au monde des petits bébés outardes. Et si
tu regardes plus attentivement tu remarqueras que parfois
derrière le groupe, se retrouve un ou deux retardataires.
En fait ce sont les nouveaux bébés outardes
qui ont de la difficulté à suivre le groupe;
car c’est leur premier voyage et ils n’ont pas
encore pris l’habitude des longs voyages. En fait comme
tous les enfants, ils préfèreraient prendre
plus de temps pour aller jouer et admirer le paysage.
En ce moment le retour des outardes a commencé.
Et ce matin, en passant devant les buissons, Poni entendit
une petit cri, un cri entrecoupé de pleur, comme un
bébé; « han!
Han! han! Snifff!!sniff! Mamamia!! han!han! snifff!sniff!
mamamia!! »
Le cœur de Poni
se mit aussitôt à clignoter. Poni
comprit qu’il devait intervenir.
Il passa sa main au travers des petits arbres pour voir qui
s’y cachait. Il vit un oiseau recroquevillé sur
lui-même, tremblotant de tristesse. Il avança
vers lui doucement, c’est comme ça qu’il
faut faire face à un animal apeuré, et lui dit
:
« Bonjour…alloooo!». Et l'oiseau
ne répondit pas, il regarda plutôt vers Poni,
avec l’air craintif. Poni
s’approcha un peu plus et lui demanda : « Que
fais-tu là, tu es perdu…je peux t’aider
tu sais. »
Le petit oiseau, voyant bien que Poni
ne lui voulait aucun mal, arrêta de pleurer et dit :
« Han! han! Je souis perdou…mamamia…
yé rétrouve plou ma famille ». Poni
lui présenta ses mains, pour l’inviter à
le suivre et lui demanda : « Comment t’appelles-tu?
». « Mon nom est Gastoné et yé souis
oume outarde. » . « UNE
MOUTARDE!!! », s’écria Poni,
en se retenant pour ne pas rire. « Non pas oume
MOUTARDE, mais oume OU TARDE!!!, oume bernache…et
y’étais avec ma famille, mé souis arrêter
en chémin pour régardé oume magnifique
étoile, yé mé souis posé ici pour
mé réposer et yé mé souis endormie…han!
Han! Oh la la Yé souis perdu…yé né
rétrouvéré plou ma famille mamamia!!!
»
« Ha ! là je comprends , ça
doit être toi que j’ai aperçu hier, derrière
le groupe qui volait dans le ciel…mais tu avais l’air
si petit, je ne pensais pas te voir si gros. Je crois que
je peux t’aider à retrouver les tiens. »
« Ha oui! Mé yé né crois pas pouvoir
lé réjoindre…ils sont sourement rendou
très loin en cé moment …car ils volent
même la noui.»
Poni
se mit à sourire, et lui dit ; « Tu ne connais
pas mes pouvoirs cosmiques…embarque sur mon dos, nous
allons rattraper ta famille et rejoindre les tiens ».
Aussitôt dit aussi tôt fait ; Gastoné s’agrippa
au dos de Poni et vadavoom!!!
Telle une fusée, ils partirent explorer le ciel à
le recherche de la famille de Gastoné.
Ils passèrent
un groupe, deux groupes, puis trois groupes de bernaches,
rendu au quatrième, trois secondes plus tard, Gastoné
crû reconnaître sa famille et s’écria
« C’est eux, nous lé
avons trouvé!!! ». Il se décrocha
alors du dos de Poni,
et se mit à voler plus vite que le plus rapide des
rapides de toute sa famille, et s’assura de rester le
premier devant. Son père et sa mère vinrent
se placer juste derrière lui, tous les deux lui donnant
un petit coup d’aile, heureux et soulagés de
l’avoir retrouvé.
Puis la grande famille de Gastoné poursuivit
leur vol, mais cette fois-ci, non pas en formant un V;
mais un magnifique cœur pour dire merci à Poni
qui s’en retournait chez lui fier d’avoir encore
aider un ami.
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